La détente de la mâchoire en 10 étapes

Introduction :

La mâchoire est tendue chez la majorité des gens. C’est un fait incontestable. Cela est dû simplement au fait que ses muscles sont constamment utilisés pour la voix parlée et la mastication d’aliments. Mais les causes principales de tensions sont souvent d’origine psychologique. Pensons seulement à comment les gens peuvent tendre involontairement la mâchoire lorsqu’ils attendent impatiemment dans une file ou sont pris dans le trafic (oui, oui, je le fais moi-même !) Selon une étude de 2008, environ une personne sur cinq grince des dents dans son sommeil (bruxisme) dû au stress ou à l’anxiété.

Impact sur la voix :

Pour les usagers de la voix, les tensions dans les muscles de la mastication ont tendance à augmenter la constriction du larynx. Ces tensions empêchent également une diction flexible et la modification acoustique des voyelles (ouverture de la bouche) pour l’émission des sons graves et aigus, ce qui peut limiter l’étendue vocale

Méthode : lors de ma formation en Technique Alexander, une approche créée par l’Australien F.M. Alexander (1869-1955), j’ai appris une procédure appelée le « A chuchoté » que j’ai personnalisée et dont je vous présente ici un résumé adapté aux besoins du travail vocal.

Effets poursuivis :

  • Détente dans les muscles élévateurs de la mandibule = muscles de la mastication : temporaux, masséters et ptérygoïdiens internes et externes.
  • Détente dans les muscles dépresseurs de la mandibule = muscles de l’ouverture de la bouche : digastriques et mylo-hyoïdiens.
  • Larynx ramené dans son champ d’équilibre (position verticale neutre), détente générale de l’ensemble de l’appareil vocal
  • Relaxation de muscles de la langue

BONUS : Correction de la courbe cervicale déformée par l’utilisation d’appareils électroniques (« cou texto » ou text neck) = appareil vocal mieux aligné pour le départ du son.

Mode d’exécution :

Voici une série de 10 étapes. Considérez-les comme des suggestions que vous donnez doucement à votre corps :

  1. Debout ou assis, placez les talons à la largeur des épaules et déplacez le poids à 60 % vers les talons. Relâchez les plantes des pieds au sol.
  1. Concentrez-vous sur la nuque (colonne cervicale). Visualisez-là comme un ressort qui commence à s’allonger dès qu’on arrête de le comprimer.
  1. Une fois la nuque libre et allongée, laissez pivoter le poids de la tête légèrement vers l’avant sur la première vertèbre cervicale (C1 ou atlas).
  1. Relâchez la mâchoire doucement vers l’avant (par rapport à la nuque) et ensuite laissez-la s’abandonner sous la force de la gravité. Visualisez la mandibule se détacher du reste du crâne.
  1. Ouvrez lentement la bouche, tirez la langue et placez la pointe de celle-ci sur la lèvre inférieure.
  1. Prononcez très lentement la voyelle « a » sur une longue expiration active.
  1. En retenant le souffle (2 secondes), refermez doucement bouche
  1. Toujours en rétention du souffle (2 secondes), adoptez la position du Sourire intérieur. Pensez à quelque chose qui vous fait rire ou sourire.
  1. En relâchant les muscles autour des 9e et 10 côtes, inspirez silencieusement par le nez un volume d’air confortable (voir : Réflexe inspiratoire).
  2. Ouvrez la bouche et débutez un son de votre choix !

Conseils pratiques :

Ne tendez AUCUN muscle activement. Le succès de cette technique repose sur la détente sélective et l’alignement par autosuggestion indirecte. Vous vous adressez à votre système nerveux. Alors, oubliez votre jugement et votre intellect. Ceci est un moment important que vous accordez à vous-même. Ne soyez pas volontaires, laissez le corps faire son travail

Bonne pratique !

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